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La gestion du myriophylle du Brésil dans un jardin en permaculture

Nous avons vu apparaître dans notre mare du biodiversité, parmi les plantes andémiques, une jolie plante dont la partie émergée ressemble à une plume. Rapidement, nous avons identifié la belle comme étant du myriophylle du Brésil.

Le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum), également connu sous le nom de “parrot feather” (d'où le côté "lume"), est une plante aquatique originaire d’Amérique du Sud. Bien qu’elle soit souvent utilisée pour ses qualités esthétiques et oxygénantes dans les bassins de jardin, elle peut rapidement devenir envahissante et poser des problèmes écologiques majeurs. Dans un jardin en permaculture, où l’équilibre et la biodiversité sont essentiels, il est crucial de gérer cette plante de manière efficace et durable.

Nous avons donc fait appel au personnel du Contrat de Rivière Dendre pour venir visiter la mare et nous donner des conseils pour la gestion de la belle exotique envahissante. 

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Le myriophylle du Brésil est une plante vivace aquatique dont la partie immergée peut atteindre jusqu’à 3 à 4 mètres de long. Ses tiges sont noueuses et cassantes, avec des feuilles en forme de plume vert clair pour les parties émergées et vert foncé pour les parties immergées. Sa reproduction se fait principalement par multiplication végétative, c’est-à-dire à partir de fragments de tiges. Laissez-en un petit tronçon, et elle vous fait une nouvelle plante !

Du coup, cette plante peut former des tapis denses à la surface de l’eau, réduisant la lumière disponible pour les autres plantes aquatiques et accélérant l’eutrophisation (joli mot pour dire "asphyxie") des plans d’eau. En compétition avec les plantes indigènes, le myriophylle du Brésil peut entraîner une diminution de la biodiversité locale à son profit, comme le font la plupart des espèces envahissantes de la flore et de la faune.

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Dans notre mare de biodiversité au sein de notre écosystème cultivé en permaculture où le myriophylle du Brésil a été introduit par inadvertance, voici les actions que nous allons mettre en place pour gérer la situation :

  • Évaluation initiale : une inspection détaillée de l’étang a révélé une infestation faible de myriophylle du Brésil. La plante couvrait environ 10 à 15% de la surface de l’eau.
  • Arrachage manuel : nous avons commencé par arracher manuellement les plantes au départ du bord de la mare avec une griffe de jardin à trois dents, en faisant pivoter l'outil doucement comme lorsqu'on mange un plat de spaghettis, l'idée étant d'enlever un maximum de la plante sans en casser les racines.
  • Arrachage manuel - Le Retour : nous avons laissé passer l'hiver et le printemps, pour que ce qui restait des plantes puisse se développer. Nous avons donc vu la belle envahissante à nouveau pointer le bout de ses feuilles. Nous avons alors chaussé nos waders (une combinaison en néoprène comme utilisent les pêcheurs) pour aller cette fois dans la mare et arracher toutes les plantes encore visibles en veillant bien à retirer, doucement, toutes les racines.
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  • Existence de plantes compétitives : nos plantes aquatiques locales, telles que la Renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis), sont bien implémentées pour concurrencer le myriophylle du Brésil.
  • Surveillance régulière : nous inspectons régulièrement notre mare de biodiversité pour détecter toute repousse de myriophylle du Brésil. Si elles sont accessibles du bord de la mare, elles sont immédiatement arrachée. Si non, tous les 3 mois environ, nous chaussons à nouveau nos waders pour éviter une nouvelle infestation.
  • Séchage et compostage : bien entendu, les plants de myriophylle du Brésil que nous arrachons sont tout d'abord laissés au bord de la mare, afin de laissé le soin à la petite faune aquatique qui aurait été présente sur les plantes d'avoir une chance de regagner leur milieu. Ensuite, les plants sont étendus au sol en plein soleil pendant plusieurs jours, loin de la mare cette fois, afin de sécher complètement, ce qui détruira la plante. Enfin, car rien ne se perd, les restes séchés rejoindront notre tas de compost où ils seront digérés par les détriteurs et par l'équilibre de notre compost.

 

Nous nous attendons à ce que, après six mois, la couverture de myriophylle du Brésil soit réduite à moins de 5% de la surface de l’eau. Nous devrons sans aucun doute continuer à surveiller et arracher durant environ 5 ans avant de pouvoir nous dire que nous en sommes venus à bout.

Avec en vue une nette amélioration de la biodiversité de notre mare : les plantes aquatiques locales vont prospérer, améliorant ainsi la biodiversité de l'ensemble et créant un écosystème encore plus équilibré.

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